Benoît Hartenstein : le notaire lorrain qui veut sauver…

Dans le podcast issu de l’émission « Carnets de campagne » de Dorothée Barba, du 26 Mars 2026 sur France Inter, Maître Benoît Hartenstein, notaire en Moselle, expose son combat pour donner un véritable statut juridique à l’arbre et propose des solutions concrètes pour sa protection.

Voici les points essentiels de son intervention :

Un constat : l’arbre est un « objet » déconsidéré par la loi

Benoît Hartenstein déplore que le Code civil français considère encore l’arbre comme un simple objet de droit ou un « immeuble par nature », le rendant totalement tributaire du bon vouloir du propriétaire. Il milite pour que l’arbre, qu’il appelle « arbre de compagnie » lorsqu’il est en ville ou sur un terrain privé, soit reconnu comme un être vivant au sein du Code Napoléon.

Des outils juridiques pour protéger les arbres

Le notaire présente plusieurs méthodes pour garantir la survie d’un arbre, même lors d’un changement de propriétaire :

  • Le testament : Il est possible d’insérer une clause imposant aux héritiers le maintien d’un végétal durant toute sa durée de vie naturelle, à condition qu’il ne présente pas de danger.
  • L’acte de vente : En s’appuyant sur une jurisprudence de la Cour de cassation, les notaires peuvent inclure des clauses de conservation des arbres lors d’une vente.
  • L’Obligation Réelle Environnementale (ORE) : Ce contrat de droit privé permet de protéger un arbre ou un écosystème pour une durée allant jusqu’à 99 ans. Cette obligation est attachée au terrain, ce qui signifie qu’elle s’impose légalement aux futurs acquéreurs.

Le soutien aux cimetières forestiers

Maître Hartenstein soutient le développement des forêts cinéraires, où les urnes sont déposées au pied des arbres. Ce dispositif permet de sanctuariser les forêts, car on n’abat pas un lieu de sépulture, tout en offrant un cadre de deuil paisible, universel et proche de la nature.

Une mobilisation du notariat Le mouvement prend de l’ampleur au sein de la profession. Lors du 120e Congrès des notaires de France à Bordeaux, un vœu a été officiellement adopté pour que les arbres soient reconnus comme des êtres vivants dans le Code civil. Cette évolution permettrait, selon lui, d’allier le droit de propriété aux impératifs de sécurité et d’intérêt général liés aux enjeux écologiques actuels

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Francis Hallé : le grand défenseur du vivant

Le monde de la botanique est en deuil. Francis Hallé, botaniste et biologiste français de renommée mondiale, s’est éteint le 31 décembre 2025 à l’âge de 87 ans. Il est décédé chez lui, à Montpellier, entouré de sa famille, le soir de la Saint-Sylvestre. Ancien professeur à l’université de Montpellier et ardent défenseur des forêts tropicales primaires, il laisse derrière lui une œuvre scientifique et poétique monumentale dédiée à la compréhension et à la protection des arbres.

Une vocation née de l’observation et de l’aventure

Né le 15 avril 1938 à Seine-Port, Francis Hallé grandit dans une fratrie de sept enfants. Bien que ses parents lui aient transmis précocement le goût des plantes, sa véritable vocation ne se déclare qu’à l’âge de 20 ans, alors qu’il étudie à la Sorbonne et s’émerveille devant l’autonomie d’une petite plante poussant sur son balcon.

Sa carrière le mène rapidement sous les tropiques, notamment en Côte d’Ivoire, au Congo-Brazzaville et dans l’ex-Zaïre. C’est en Afrique qu’il découvre la forêt primaire et qu’il développe sa spécialité : l’architecture des arbres, une méthode permettant d’identifier les géants de la forêt par leur structure sans avoir besoin d’accéder à leurs fleurs.

Le Radeau des cimes : à la conquête de la canopée

Francis Hallé restera pour beaucoup l’homme du « Radeau des cimes ». Lancée en 1986, cette épopée scientifique utilisait un dispositif ingénieux — un filet de cordage déposé sur le sommet des arbres par une montgolfière — pour permettre aux chercheurs d’étudier la canopée. C’est dans cet étage supérieur de la forêt, jusqu’alors inaccessible, que se trouve la biodiversité la plus riche de notre planète. Ces expéditions, menées jusqu’en 2012 en Guyane, au Gabon ou à Madagascar, ont permis des observations botaniques et entomologiques sans précédent.

Un pédagogue engagé contre « l’addiction au fric »

Au-delà de ses recherches, Francis Hallé était un communicateur hors pair qui détestait le jargon scientifique. Dessinateur infatigable, il a constitué un corpus de dizaines de milliers de croquis, alliant précision descriptive et facture poétique. Ses ouvrages, tels que Éloge de la plante (1999) ou son Atlas de botanique poétique (2016), ainsi que sa participation au film de Luc Jacquet, Il était une forêt (2013), ont capté la sympathie du grand public.

Cependant, son émerveillement s’accompagnait d’une colère sourde face à la destruction des forêts. Il dénonçait régulièrement les politiciens et les multinationales qu’il jugeait responsables de la déforestation massive par « addiction au fric » et démarche « coloniale ». Pour lui, l’espèce humaine faisait preuve d’une « stupidité et d’une prétention incroyables » face à des arbres qui nous « donnent l’air que l’on respire ».

Le rêve ultime : une forêt primaire en Europe

Ces dernières années, Francis Hallé s’était consacré à un projet « extra-ordinaire » : faire renaître une forêt primaire de 70 000 hectares en Europe de l’Ouest. Ce projet ambitieux, porté par l’association qui porte son nom, consiste à laisser la nature travailler seule, sans intervention humaine, pendant sept siècles.

Conscient qu’il ne verrait jamais l’aboutissement de cette œuvre, il déclarait avec sérénité qu’il ne serait pas présent au « pot de lancement » de cette forêt, mais qu’il était de l’honneur de l’humanité d’entreprendre un tel projet sur le long terme. Son association s’est déclarée « plus que jamais déterminée » à concrétiser ce rêve pour que les générations futures puissent à nouveau connaître la splendeur d’une forêt vierge en Europe.

Pour Francis Hallé, étudier un arbre, c’était comme prendre soin d’un être cher. On peut comparer son approche à celle d’un horloger qui, au lieu de démonter le mécanisme pour le comprendre, choisirait de l’observer patiemment fonctionner pendant des siècles pour en saisir toute la subtile harmonie.

On peut acheter une part à 100 euros

Article écrit par Marie-Charlotte Perrier et Aurélie Massait Publié dans Franceinfo le 16/10/2024 à 06h15

« On peut acheter une part à 100 euros » : quand des citoyens se regroupent pour acheter des forêts

En France, de plus en plus de citoyens décident de se regrouper pour acheter collectivement des parcelles de forêts, et sortir des logiques marchandes. Les membres de groupements forestiers citoyens et écologiques (GFCE) ont organisé leur rencontre annuelle dans le Vercors, pour s’inspirer de ce qui se fait dans les Alpes.

Autrefois, les forêts étaient forcément domaniales, publiques ou privées. Mais depuis quelques années, elles deviennent aussi la propriété de groupements de citoyens.

Mi-octobre, les membres de plusieurs sociétés civiles forestières se sont retrouvés dans le Vercors pour partager leurs expériences lors de leur rencontre annuelle. Tous ont acquis des parcelles boisées avec d’autres particuliers dans différentes régions de France.

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Pourquoi les Français s’attachent aux arbres

Par Perrine Mouterde Publié dans Le Monde le 06 octobre 2024 à 06h00, modifié le 06 octobre 2024 à 18h19

En forêt comme en ville, pourquoi les Français s’attachent aux arbres

Partout sur le territoire, des citoyens s’opposent à l’abattage de platanes ou de chênes près de chez eux. Un symptôme de l’inquiétude grandissante face à la dégradation de l’environnement.

A première vue, elle n’a pas la tête de l’emploi. Françoise Sistel, 66 ans, est une retraitée fluette aux cheveux gris venue chercher le calme à Provins, en Seine-et-Marne. Si la catastrophe climatique et l’effondrement de la biodiversité suscitent chez elle frayeur et culpabilité, elle n’a jamais participé à une mobilisation, ni rejoint d’organisation. Aujourd’hui, pourtant, cette ancienne policière n’exclut pas de s’enchaîner à l’un des arbres de sa ville. « Vous imaginez l’impact que ça aurait en termes d’image ? Je suis une vieille femme frêle… Ils m’ont réveillée, maintenant je ne vais plus me rendormir », dit-elle de sa voix calme…

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Canopée, l’association qui dérange les forestiers

Par Perrine Mouterde Publié dans Le Monde le 30 septembre 2024 à 15h30, modifié le 01 octobre 2024 à 12h12

Canopée, l’association qui dérange les forestiers, dans le viseur du secteur

L’interprofession France Bois Forêt conteste l’agrément octroyé à cette organisation au titre de la protection de l’environnement. Une démarche inédite révélatrice des tensions sur le sujet de la gestion forestière en France.

« Quoi ? ! Ça, c’est à peu près la tête que je viens de faire en découvrant ce courrier qu’un huissier de justice a déposé au bureau de Canopée. » Dans une vidéo diffusée à la mi-septembre, Bruno Doucet, chargé de campagne de Canopée forêts vivantes, décrit la nouvelle plainte visant l’association. Le conflit qui l’oppose à une partie des entreprises du secteur forestier vient de franchir une nouvelle étape : l’interprofession France Bois Forêt et douze organisations réclament l’annulation de l’agrément octroyé par le ministère de la transition écologique à Canopée, en décembre 2023, au titre de la protection de l’environnement….

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L’été, il fait quasiment 40 degrés dans la chambre

de plus en plus de Français souffrent de vivre dans des « logements bouilloires »

Willy Moreau Publié sur Franceinfo le 22/08/2024 09:34 Mis à jour le 22/08/2024 10:09

Plus de la moitié des Français ont eu trop chaud chez eux l’année dernière. Franceinfo a recueilli les témoignages de plusieurs d’entre eux.

Logements mal isolés, villes mal adaptées et vagues de chaleur plus fréquentes… Près de 55% des Français ont déclaré avoir souffert de la chaleur dans leur logement pendant au moins 24 heures en 2023. Ce phénomène des « logements bouilloires » est pointé dans le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, rendu public mercredi 21 août. La fondation appelle les pouvoirs publics à se saisir de ce problème qui s’aggrave au fil des années

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Les plus précaires parmi les plus touchés …

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L’inadaptation climatique menace les droits fondamentaux

Dans un rapport publié lundi 15 juillet, l’ONG Oxfam dénonce la « grande improvisation » face au dérèglement climatique.

A l’heure où une nouvelle Assemblée nationale se forme et qu’un nouveau gouvernement se dessine, Oxfam France publie une étude inédite sur les politiques d’adaptation de la France au changement climatique. Les conclusions sont claires : les pouvoirs publics n’anticipent pas assez les politiques et les investissements nécessaires à l’adaptation et ne protègent à ce jour pas les citoyennes et citoyens face aux conséquences du changement climatique.

Oxfam révèle ainsi que plus de la moitié des droits humains est menacée en France du fait de l’improvisation des pouvoirs publics en matière d’adaptation et en l’absence de politique globale ambitieuse.

Résumé

Rapport

La température moyenne de l’Hexagone sera 3,8 °C supérieure à celle du début du XXe siècle d’ici 2100, révèle la revue Earth System Dynamics.

En France, le réchauffement climatique pourrait être pire que…

Article de Pauline Brault publié le 18 oct. 2022 à 18:40 dans Le HuffPost

Si nous ne réduisons pas nos émissions de CO2, la France se réchauffera de +3,8 °C d’ici à 2100 par rapport au début du XXe siècle.

ENVIRONNEMENT – L’été 2100 sera insoutenable. Alors que nous avons pris la mesure du changement climatique avec la sécheresse et la canicule estivales, une nouvelle étude publiée le 4 octobre dans la revue Earth System Dynamics révèle que le réchauffement climatique en France risque d’être 50 % plus intense que ce que l’on pensait…..


Victime des sécheresses successives, le pin sylvestre est en souffrance dans le Briançonnais, L’Argentiérois et le Veynois. Photo Frédéric Tuilliere

Le dépérissement du pin sylvestre inquiète les spécialistes

Dans les forêts des Alpes du sud, le dépérissement de l’espèce devient visible et inquiète les spécialistes

Article de Yoann GAVOILLE publié le 11 oct. 2022 à 19:00 dans Le Dauphiné Libéré

Victime des sécheresses successives, le pin sylvestre est en souffrance dans le Briançonnais, L’Argentiérois et le Veynois. Photo Frédéric Tuilliere

Il a fait beau, il a fait chaud, cet été. Et la forêt a morflé. Surtout le pin sylvestre, guère résistant quand le mercure s’élève trop haut et que l’eau se raréfie trop longtemps. « Nous avons constaté un dépérissement de cette espèce sur plusieurs centaines d’hectares dans le Briançonnais, L’Argentiérois, le Veynois », indique Marc Petiteau de la Direction départementale des territoires (DDT) à la préfecture des Hautes-Alpes….


Plusieurs centaines d’arbres dont des chênes centenaires risquent d’être impactés par les travaux pour prolonger la ligne 1 du métro

Des chênes centenaires menacés

Prolongement de la ligne 1 du métro à Vincennes

Video-Article de Adèlia Paolillo publié dans le Parisien le 11 septembre 2022 à 19h05, modifié le 11 septembre 2022 à 19h51

Plusieurs associations de défense de l’environnement ont appelé à se mobiliser contre le projet de couper des centaines d’arbres du bois de Vincennes pour prolonger la ligne 1 du métro. Près de deux cents manifestants ont répondu à l’appel et se sont réunis le 10 septembre dans le bois pour protester contre cette catastrophe écologique…